(ce n’est pas moi qui pose la question, c’est Umberto Eco dans son recueil de chroniques Comment voyager avec un saumon, qui, bien qu’un peu daté, me fait constamment rire depuis hier)
Ceci n’a pu vous échapper, le monde est aujourd’hui divisé en deux : d’un côté les partisans du Macintosh, de l’autre ceux du PC sur Ms-Dos. Eh bien, je suis intimement persuadé que le Mac est catholique et le Dos protestant. Je dirais même plus. Le Mac est catholique contre-réformateur, empreint de la “ratio studiorum” des jésuites. Il est convivial, amical, conciliant, il explique pas à pas au fidèle la marche à suivre pour atteindre, sinon le royaume des cieux, du moins l’instant final de l’impression du document. Il est catéchistique, l’essence de la révélation est résolue en formules compréhensibles et en icônes somptueuses. Tout le monde a droit au salut.
Le Dos est protestant, voire carrément calviniste. Il prévoit une libre interprétation des Ecritures, requiert des décisions tourmentées, impose une herméneutique subtile, garantit que le salut n’est pas à la portée de tous. Faire marcher le système nécessite un ensemble d’actes personnels interprétatifs du logiciel : seul, loin de la communauté baroque des joyeux drilles, l’utilisateur est enfermé dans son obsession intérieure.
(1994) Umberto Eco
Pas mal pas mal. Non seulement c’est toujours valable, mais on peut même pousser plus loin la réflexion. Sur mac, tout est dirigé par le saint siège. Contre l’avis du Pape (Steevy), pas de nouvelle machine. Les initiatives personnelles sont assez limitées et chaque usager reste assez contraint aux commandements de santa clara.
Côté PC, c’est plus indépendant, plus polymorphe, un peu comme les versions du protestantisme si ma connaissance en la matière n’est pas trop erronée.
Je dois dire que, aussi non pratiquante que je sois, je suis un peu vexée par ce discours. Et en plus je déteste Umberto Eco.
Et comment vous analysez le rapport à l’argent dans tout ça alors tous les deux?
Ha ha! J’adore, c’est tellement vrai! ^^