Miscellanées de ma vie parisienne

“On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose” E.M Cioran

Capacité d’adaptation mars 26, 2008

Classé dans : Uncategorized — Layla @ 11:48

Il y a quelques mois déjà, j’ai lu un roman de Jonathan Tropper, “Le livre de Joe“.

L’histoire est celle de Joe Goffman, jeune écrivain qui vit à New-York. Il a connu le succès avec son premier (et unique) roman, Bush Falls. Dans ce roman il fait le portrait vitriolé de sa jeunesse dans une petite ville de province et des habitants qu’il a alors cotoyés. Il reçoit un jour un coup de fil de son frère pour lui annoncer que son père est malade et il lui demande de venir à son chevet. Joe, qui n’a jamais remis les pieds à Bush Falls depuis la publication de son roman, n’y est, évidemment, pas attendu avec bienveillance.

Tout au long de cet ouvrage, plutôt divertissant par ailleurs, je me suis fait la reflexion qu’il semblait écrit pour être adapté au cinéma (et la mise en abime du début n’aide pas à dissiper cette impression, Bush Falls ayant été adapté au cinéma avec dans les rôles principaux Leonardo DiCaprio et Kirsten Dunst). L’histoire est bien ficelée, et tiendrait bien en deux heures, les dialogues sont piquants, les personnages attachants et parfois caricaturaux, les situations parfois dramatiques, parfois burlesques et les rebondissements bien placés. A mon avis tous les ingrédients sont là pour un bon succès, pas trop mièvre (parce qu’on est un peu rebelles (dans le même genre que Juno), pas trop audacieux non plus (parce que c’est pas avec ça qu’on va révolutionner le 7ème art non plus).

Pourquoi je parle de ça? Parce qu’alors que j’avais toujours en tête cette possible adaptation par un cinéaste américain, je me suis demandé ce qui se passerait si un réalisateur français voulait se servir de cette histoire?

Et bizarrement, mon enthousiasme s’en trouvait tout à fait refroidi. Déjà je sens venir le téléfilm en prime time plutôt que le long métrage indépendant. Et suivant les règles du genre, les aspects “choquants” du scénario seraient soit gommés soit au contraire exacerbés mais dans le mauvais sens. C’est à dire, par exemple, que la scène où Joe fume un joint avec son neveu serait soit supprimée, soit serait montée d’une façon excessivement dramatique (peut être un bad trip bien effrayant?) pour bien montrer que les producteurs/réalisateurs du téléfilm sont totalement contre la consommation des substances illicites et tout et tout, bien sûr. Dans le même style on a le béguin de Joe pour la mère de son meilleur ami, ou encore l’homosexuel séropositif.

Mais surtout, je me suis demandée si ce décalage ne venait pas du mélange des genres évident de cette histoire. J’ai l’impression que les fictions francophones (grosse généralisation en perspective) mélangent trop rarement comédie et drame. Si, dans leur histoire il y a un mort, une maladie grave ou un adolescent paumé, paf, ils en font un téléfilm noir, totalement depressif, réaliste jusqu’à l’excès et se terminant mal (la mort du protagoniste par exemple). Ou alors, mieux, ils gomment tout ces aspects et en font une bonne comédie outrancière (type: les bronzés, les visiteurs). Mais jamais ils ne mélangent les deux, jamais ils ne font un téléfilm drôle mais sans outrance avec ses moments d’émotion bien placés et une fin douce-amère (Clara Sheller fait peut être exception).

Ou alors je suis totalement à côté de la plaque et “Le livre de Joe” est un futur chef d’oeuvre du cinéma français.

Addendum: J’ai rédigé ce post il y a quelques mois déjà et ce soir je viens de trouver l’exemple pour l’étayer. Depuis que je suis à Paris je ne capte la télévision qu’à travers internet et je n’en profite presque jamais. Ce soir a fait exception et j’ai regardé sur France 2 le téléfilmSa Raison d’être (la télé est toujours en route et je viens d’apprendre que je suis dans les statistiques, les 16-24 ans regardent de moins en moins la télévision en Europe). Bon c’était pas une catastrophe, j’ai même plutôt aimé, mais alors il y a quand même pas mal de choses à améliorer.

Résumé: Bruno, Isabelle et Nicolas ont 20 ans en 1981. C’est le temps de leurs premières histoires d’amour. Mais c’est aussi le temps du SIDA. Bruno aime Isabelle, la soeur de Nicolas. Nicolas, lui, aime Bruno. Sa raison d’être est l’histoire de leur relation aux frontières de l’amour et de l’amitié. Autour d’eux il y a leurs familles, leurs amis et entre eux, Jeremy, l’enfant d’Isabelle qu’ils décident d’élever ensemble. A travers leurs rêves et leurs combats, c’est le portrait sur vingt ans d’une génération bousculée qui doit réinventer l’amour pour triompher de la mort. (allociné, je n’utilise pas d’expressions comme “réinventer l’amour pour triompher de la mort”)

1. Le téléfilm à thème c’est un peu gros. Ce soir c’était le sida (vous commencez à comprendre pourquoi j’ai regardé là…) parce que dans deux jours c’est le sidaction. Mais tout y passe, et pas de la façon la plus subtile: l’homosexualité, le sang contaminé, la bourgeoisie, le prolétariat, le racisme, le terrorisme, l’homoparentalité, la drogue et j’en passe…
2. Les dialogues, c’est toujours là que le bât blesse en français pour ma part. Je n’ai plus d’exemples en tête mais avec une langue comme le français il est possible de faire des réparties un peu plus originales non?
3. Les messages pédagogiques sont dissimulés dans le scénario avec la discrétion d’un char d’assaut rose bonbon. Donc on résume, il faut se protéger, il ne faut pas discriminer les séropositifs, on attrape le sida par le sperme et le sang (je sais, ça n’était pas aussi évident à l’époque), ça ne touche pas que les homos, etc.
Et en vrac, les acteurs ne sont pas toujours convaincants quand il s’agit d’être vraiment émus (et avec un scénario comme celui-ci, rassurez-vous, il le sont souvent), il n’y a pas un gramme d’humour (oui oui c’est un sujet sérieux mais enfin, il n’est pas interdit de nous faire ne serait-ce que sourire), la voix off du narrateur est inutile (on comprend ce qu’on voit, les messages sont assez clairs) et certains euphémismes sont bizarres (depuis quand macho est-il devenu un synonyme d’intolérant?).

Bref, tout ça pour dire que c’est pas encore gagné pour que j’écrive une critique pas trop soporifique. Bon demain vous aurez droit à mes déboires ménager, ça sera plus drôle.

 

Les memes de Miya mars 7, 2008

Classé dans : En vrac — Layla @ 10:57

La Bande-Son de ma vie

1. Ouvrez votre base de données musicale (iTunes)
2. Mettez-le en aléatoire
3. Mettez-le en marche
4. Pour chaque question écrivez la question qui est jouée
5. Pour chaque nouvelle question appuyez sur “suivant”
6. NE MENTEZ PAS

Et comme je suis gentille j’ai même fait la playlist qui va avec (qui pour une raison évidemment inconnue ne marche pas, je ne m’étonne même plus)

Opening credits : Mano Negra – Mala Vida
Awakening : Jack Johnson – Tomorrow Morning
Childhood : Lash – Beauty Queen (pas de mp3)
First Day of School : Norah Jones – Creepin’In
First Big Love : Eric Clapton – Knockin’ On Heaven’s Door
Fight-Song : Louise Attaque – Ca m’aurait plu
Graduation : Aldebert – Mon père, ce héros
Prom : Manu Chao – El Viento
Life is Great : Green Day – American Idiot
Mental Breakdown : Eric Clapton – Tell Me That You Love Me
Car Ride : U2 – Walk On
Review : The Libertines – Tomblands
Get Together With Your Big Love : Babylon Circus – Warlord
Marriage : Mickey 3D – Respire
Sex scene : The Beatles – Penny Lane
Funeral : Les Ogres de Barback – C’est Beau
End Credits : Nirvana – Lithium

Mon groupe de musique

1. http://en.wikipedia.org/wiki/Special:Random
Le premier article de la page sera le nom de votre groupe

2.http://www.quotationspage.com/random.php3
Les quatre derniers mots de la dernière citation de la page sera le titre de votre album

3. http://www.flickr.com/explore/interesting/7days/
La troisième photo, quelle qu’elle soit, sera la couverture de votre album

4. Utilisez le programme graphique de votre choix pour mettre tout ça ensemble et postez le résultat.

BandCover

Quand j’étais petite… (j’étais un jedi?)
je ressemblais à ça
Petite Sarah deviendra grande