Miscellanées de ma vie parisienne

“On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose” E.M Cioran

La corruption politique chez les jeunes décembre 12, 2007

Classé dans : Uncategorized — Layla @ 9:01

Ma soeur refuse avec obstination de lire mon blog et de le commenter. Je vois dans cette volonté un moyen de pression discret pour faire parler d’elle. Cette méthode indigne porte néanmoins, c’est malheureux, ses fruits et je vais donc vous raconter comment, si jeune déjà, elle se fait exempter de sa dîme scolaire de par ses sympathies politiques.

Aujourd’hui c’était dans une petite région de suisse (dont tous mes lecteurs sont originaires et à laquelle, malgré quelques allégations que je rendrais anonymes, je me targue toujours d’avoir ma citoyenneté) la traditionelle fête de l’escalade. Ma soeur, ayant fait, cette année, sa rentrée dans le cycle secondaire de sa scolarité, dans le collège le plus décadent du canton qui plus est, était toute fière de me raconter sa journée au téléphone (éveillant en moi de nostalgiques souvenirs mais ça n’est pas le sujet). Elle me narre donc comment son déguisement de disco-girl en patin à roulette (dont je regrette de n’avoir aucune photo à diffuser ici) l’avait empêché d’accéder assez vélocement à la marmite brisée sur la scène de l’aula et d’en déguster un morceau avant ses congénères. Néanmoins, ce n’est pas grave, me rassure-t-elle, contrairement aux autres, elle n’a pas payé sa part de ce (gros) morceau de chocolat et de bravoure et se remet facilement de n’avoir pû y goûter.

“Comment? Il fallait faire don de soi pour la communauté et tu t’y es refusé?” *ton outré*

Il s’avère que les élèves de 4ème année de son collège sont passés récolter dans chaque classe un  impôt dont le montant était adapté aux ressources de chacun et qu’ils notaient les noms (voire même prenaient des photos) des récalcitrants et qui devait servir à l’achat de la marmite sus-mentionnée. Arrive la classe de ma soeur, cette dernière se rebiffe et refuse de verser son obole au pretexte, je cite “qu’elle n’a plus de tune”. Un des questeurs arrête alors le geste de son voisin qui s’apprêtait à l’ajouter à la liste des mauvais payeurs.

“Hey! Je te reconnais toi! Non laisse, marque qu’elle a payé; elle était à la manif anti extrême-droite l’autre jour, elle nous a aidé à porter la banderole. Laisse j’te dis.”

Edifiant exemple que je vous laisse méditer.

 

Se balader sous la pluie à Paris c’est classe*… mais dangereux décembre 11, 2007

Classé dans : Uncategorized — Layla @ 9:40

Je suis malade alors la simple idée de rédiger, même en français (parce qu’idéalement je devrais en faire un en italien également, voire exclusivement), un texte construit, ne me donne qu’une seule envie, celle de replonger illico sous ma couette.

Néanmoins, comme je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que je désertais trop souvent et pour de trop longues périodes ce blog, je ferais un effort pour l’agrémenter aujourd’hui de quelques remarques anodines.

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Hier un ballon rouge gonflé à l’hélium a poétiquement traversé l’amphithéâtre pendant 5 minutes. D’où venait-il et où a-t-il disparu? Nous n’en saurons sans doute jamais plus.

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Est-ce que quelqu’un saurait me dire si la tarte aux myrtilles peut être considéré comme une pâtisserie typiquement suisse? Je me suis retrouvée au musée d’Orsay par hasard dimanche dernier à écouter une lecture de textes d’auteurs suisses (en parallèle avec l’exposition Ferdinand Hodler qui s’y tient actuellement) et pour faire plus “couleur local” on proposait d’y consommer divers en-cas suisses (des vins valaisans AOC, un plateau de gruyère et de viande séchée des grisons etc). J’ai demandé une patisserie (et un café, on ne se refait pas) et on m’a offert le choix entre une tarte aux noix et une aux myrtilles. Un peu dubitative (mais sans doute convaincue par “My blueberry nights” que j’avais vu le soir précédent) j’ai opté pour la myrtille (il faut dire que les noix me donnent des aphtes). Chère et délicieuse, la tarte pourrait bien en effet être helvétique.

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Je suis irrémédiablement perdue pour la cause culinaire. Je suis en effet capable de rater une polenta. A ma décharge, je ferais remarquer que cette dernière s’est montrée d’une rare agressivité avec moi et d’un peu de coopération tout à fait déplorable lorsque j’ai tenté de lui donner une forme ingérable le lendemain.

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J’ai mieux réussi mon contrôle de grammaire que mon commentaire sur Baudelaire. Vu la teneur du commentaire, ce n’est guère étonnant mais tout de même, je pensais que de ne pas avoir assisté à la moitié des cours pénaliserait un minimum ma compréhension des notions et des mécanismes si subtils qui sous-tendent notre belle langue (phrase un peu ampoulée j’en conviens). Absolument pas, un peu de psychologie et un peu d’imagination et le tour est joué, vous faites croire au correcteur que vous maîtrisez parfaitement votre sujet (alors que ce n’est absolument pas le cas et qu’en relisant votre copie vous êtes bien en peine de comprendre comment vous en êtes arrivé à de tels conclusions).

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Je suis ringarde. Je viens d’apprendre à mettre un film correctement dans un appareil argentique. J’aimerais un tourne-disque (un grammophone ça serait encore mieux (et le must serait bien sûr un phonographes mais je crains de ne pas pouvoir écouter grand chose de moderne dessus)) et un samovar pour noël (mais je me contenterais d’une chocolatière à 40€).

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Il existe depuis quelques années, mais mon inculture étant ce qu’elle est je ne l’apprend que maintenant, un prix Kadhafi des droits de l’homme. L’idée est tellement surréaliste que je me demande si je vais pas créer un prix moi aussi (dans un domaine hors de mes compétences bien sûr). Un prix littéraire par exemple, le prix “Miscellanées”. Vous pouvez déposer vos suggestions d’ici la fin de l’année et le collège d’experts (moi) se réunira ensuite pour le décerner. ^^

*merci Sissi ^^

 

How bizarre décembre 7, 2007

Classé dans : Uncategorized — Layla @ 8:36

Etrange journée que celle d’hier (et par extension celle d’ajourd’hui également).

Le coup d’adrenaline de l’après-midi

En fin d’après-midi, je travaille zone à la bibliothèque avant mon cours de polonais. J’ai entendu dire qu’un préavis de grève des transports avait été déposé pour dans deux semaines et je veux vérifier. Je trouve un ordinateur de libre, je me connecte au site du Monde. La publicité mange les trois quarts de la page et je ne discerne qu’un bout de titre en pas à gauche. “Un colis piégé a explosé faisant un mort…”. Dans ma tête, machinalement la moitié du proche-orient défile (c’est terrible de dire ça quand même). Je descend, “boulevard Malesherbes à Paris”.

Boulevard Malesherbes à Paris. Ok. C’est la où je vais en cours. C’est là où je passe mes journées. C’est de là que je suis en train de lire cette brève. Tout va bien.

L’angoisse de la soirée

Je rentre plutôt tard après le cours de polonais, le bus qui n’arrivait pas etc. Je me retrouve devant la deuxième porte de mon immeuble: je n’ai pas ma clef. Personne chez moi. Il pleut, je veux pas dormir sous les ponts moi? Je suis finalement récupérée et traitée comme une princesse par les grandes-tantes-jumelles de l’immeuble. Après deux verres de vin et un peu de conversation, je m’endors dans un lit plus moelleux que le mien. Soirée super agréable (et petit déjeuner au diapason) finalement dont le souvenir aide à faire passer les deux heures trente de RER pour récupérer un double des clefs le lendemain.

Révélation

Il y a pas très longtemps, j’allume la radio et je tombe sur ce que je suspecte à raison d’être France Musique. La musique que j’entend est terriblement agréable et romantique (dans le sens du mouvement musical). J’adhère totalement et je me demande, inculte que je suis, quel en est donc le compositeur.

Fin du morceau. “C’était donc l’ouverture du Tanhaüser de Wagner interprété ici par l’orchestre…”

Minute, depuis quand est-ce que j’aime Wagner moi? Ne suis-je pas supposée ne pas m’être relevée de l’étude de Tristan et Isolde il y a déjà presque trois ans?

 

La fin des vacances (ou tant qu’à se servir de ce blog comme bloc-notes…) décembre 3, 2007

Classé dans : Vie en Solitaire — Layla @ 10:32

Officiellement, ma rentrée a eu lieu le 8 octobre. Psychologiquement, c’est un peu plus compliqué. Basiquement, je me comporte comme si j’étais encore en vacances.

Mais cette semaine, c’est décidé, je change. Je vais à tous mes cours, je rentabilise mes journées, je ne repousse plus mes échéances, bref, avec un peu de retard, je fais ma rentrée. Et chaque jour je verrais ici quelles auront été les réussites et les défaites en la matière.

A la fin de la semaine je serais donc mûre pour un bilan de cette expérience à coup sur inédite et enrichissante pour moi.

Lundi: Impossible de me lever avant 9h30, donc rien de rentable d’effectué avant les cours (12h-15h) alors que j’aurais dû terminer la peinture de la cuisine. J’aurais également dû faire les courses en rentrant et réviser. Ca commence bien, même si j’ai été en cours. (Madame Bovary: page 168)

Mardi: Même schéma au niveau du réveil (malgré l’effort sur l’heure du coucher). J’ai été à tous les cours, et vu ceux d’aujourd’hui l’exploit n’est pas des moindres (je devrais faire un post sur mes profs). Par contre je ne suis pas passée à la sécu, ce qui va devoir attendre une semaine de plus, je n’ai pas fait les courses, je ne vais pas manger demain, pas la peinture non plus, mais c’était plus prévisible, et pas révisé, ce qui est de loin le point le plus inquiètant vu les deux contrôles de demain. Mais j’ai fait la moitié de la vaisselle (j’essaie de me consoler comme je peux). (Madame Bovary: page 168, encore)

Mercredi: Ah, ça vient enfin. Une journée un peu plus productive. Reveil plus tôt, allée à mes cours et fait mes deux contrôles. Mais surtout, fini la peinture! Tout l’appart sent le white spirit mais peu importe. Bon j’ai toujours pas fait de courses, j’ai réussi à survivre avec les restes mais ça devient critique. Pas fini la vaisselle mais je peux pas, je vais mourir intoxiquée si je rentre dans cette cuisine. (Madame Bovary: page 171, yeah!)

Jeudi: La journée bizarre décrite plus haut donc pas très productive. Mais je suis bien allée en cours. Pas fait de vaisselle ni rangé ma chambre mais c’est difficile quand on est enfermée dehors. (Madame Bovary: page 171, une porte verouillée nous séparait)