Ma soeur refuse avec obstination de lire mon blog et de le commenter. Je vois dans cette volonté un moyen de pression discret pour faire parler d’elle. Cette méthode indigne porte néanmoins, c’est malheureux, ses fruits et je vais donc vous raconter comment, si jeune déjà, elle se fait exempter de sa dîme scolaire de par ses sympathies politiques.
Aujourd’hui c’était dans une petite région de suisse (dont tous mes lecteurs sont originaires et à laquelle, malgré quelques allégations que je rendrais anonymes, je me targue toujours d’avoir ma citoyenneté) la traditionelle fête de l’escalade. Ma soeur, ayant fait, cette année, sa rentrée dans le cycle secondaire de sa scolarité, dans le collège le plus décadent du canton qui plus est, était toute fière de me raconter sa journée au téléphone (éveillant en moi de nostalgiques souvenirs mais ça n’est pas le sujet). Elle me narre donc comment son déguisement de disco-girl en patin à roulette (dont je regrette de n’avoir aucune photo à diffuser ici) l’avait empêché d’accéder assez vélocement à la marmite brisée sur la scène de l’aula et d’en déguster un morceau avant ses congénères. Néanmoins, ce n’est pas grave, me rassure-t-elle, contrairement aux autres, elle n’a pas payé sa part de ce (gros) morceau de chocolat et de bravoure et se remet facilement de n’avoir pû y goûter.
“Comment? Il fallait faire don de soi pour la communauté et tu t’y es refusé?” *ton outré*
Il s’avère que les élèves de 4ème année de son collège sont passés récolter dans chaque classe un impôt dont le montant était adapté aux ressources de chacun et qu’ils notaient les noms (voire même prenaient des photos) des récalcitrants et qui devait servir à l’achat de la marmite sus-mentionnée. Arrive la classe de ma soeur, cette dernière se rebiffe et refuse de verser son obole au pretexte, je cite “qu’elle n’a plus de tune”. Un des questeurs arrête alors le geste de son voisin qui s’apprêtait à l’ajouter à la liste des mauvais payeurs.
“Hey! Je te reconnais toi! Non laisse, marque qu’elle a payé; elle était à la manif anti extrême-droite l’autre jour, elle nous a aidé à porter la banderole. Laisse j’te dis.”
Edifiant exemple que je vous laisse méditer.